L’open society initiative for West Africa (OSIWA) a organisé lundi 9 mars 2020 à Conakry une table-ronde sur « comment lutter efficacement contre les violences basées sur le genre ». La séance a réuni des acteurs de la société civile guinéenne, des religieux, de la santé, de la sécurité, de la défense et de la justice. Au cours de cette journée de réflexions, tenue au lendemain de fête internationale des droits des femmes, les participants ont fait un état des lieux du respect des droits des femmes et ont identifié des stratégies pour que l’égalité entre les sexes soit une réalité en Guinée.

Dans le pays, l’Enquête nationale sur les violences basées sur le genre (2019) révèle que 92% des femmes âgées de 15 à 49 ans ont  été victimes d’au moins d’un acte de violence avec des variations régionales. La même étude note que la violence faite aux femmes est répandue en milieu urbain qu’en milieu rural. Sa prévalence est relativement faible en moyenne Guinée (54%) et en haute Guinée (51%). Elle est relativement plus forte chez en basse côte (64%) et nettement plus élevée en guinée forestière (88%).

Aussi la plupart de ces violences perpétrées dans 54% des cas par le conjoint ou l’ex-conjoint ont principalement lieu au domicile de cette dernière (84%).

SE David McILROY, Ambassadeur du Royaume Uni en Guinée
SE David McILROY, Ambassadeur du Royaume Uni en Guinée

A l’ouverture des travaux, l’Ambassadeur du Royaume Uni en Guinée, SE David McILROY a déclaré que la violence basée sur le genre est un problème mondial, et la Guinée en particulier. « Elle est à la fois une préoccupation pour la santé et pour  les droits des femmes. Parce que, poursuit-il, elle inflige des dommages physiques et émotionnels et empêche les femmes de réaliser leur plein potentiel. Elle limite  les ressources des systèmes de santé, croissance et la productivité des femmes ».

Le diplomate prévient que l’ampleur du défi est énorme. Car, souligne-t-il, les femmes et les filles subissent des violences de toutes sortes y compris des viols et des abus sexuels. « Aujourd’hui, je suis ravi de me joindre aux partenaires de la communauté internationale, de la société civile et du gouvernement guinéen pour exprimer toute notre solidarité en condamnant la violence sexiste, pour sensibiliser le public aux méfaits qu’elle cause et redynamiser les efforts pour y mettre fin ».

Mme Fatoumata Binta SOW, Vice-présidente Coalition des femmes Leaders de Guinée (COFEL)
Mme Fatoumata Binta SOW, Vice-présidente Coalition des femmes Leaders de Guinée (COFEL)

Mme Fatoumata Binta SOW, Vice-présidente Coalition des femmes Leaders de Guinée (COFEL) parle d’une situation « très inquiétante ». Pour elle, le mieux serait d’interpeller les communautés, les religieux et les autorités guinéennes à appliquer la loi dans toute sa rigueur. « Parce que si nous ne condamnons pas les premiers auteurs des viols/violences, c’est sûr que ça va encourager d’autres à commettre. Il faut que les auteurs soient punis à la hauteur de leur forfaiture pour que les autres se servent d’exemple. Ça pourrait peut-être dissuader les gens », recommande-t-elle.

Le coordinateur de programmes à OSIWA Guinée, M. Abdourahmane Diallo affirme que des efforts ont été fournis, mais  les violences persistent encore. « Ce n’est pas normal parce que ce sont des violences de tout genre : physique, psychologiques, etc. Les statistiques développées font froid dans le dos. Le problème est très sérieux. Et OSIWA travaille depuis que nous sommes en Guinée avec les financements octroyés à nos partenaires intervenants  dans ce domaine »

Osiwa team

Selon lui, les attentes à ces travaux consistent à identifier des axes et stratégies innovantes et se mettre ensemble pour travailler. Sur les freins aux efforts fournis, il y a des aspects culturels. Pour changer la donne, le coordinateur préconise la sensibilisation en se focalisant avec des approches communautaires, renforcer la justice et la collaboration avec tous les acteurs intervenants dans ce domaine.

En Guinée, malgré la ratification de plusieurs conventions internationales pour la protection des femmes, ces dernières continuent à être discriminées et à subir des violences à cause de la juxtaposition des pesanteurs  socio culturelles, des pratiques coutumières et religieuses.

La pratique des violences étant fortement ancrée dans les normes sociales, son éradication demande un travail de longue haleine visant le changement des mentalités et des comportements.

Mme Sow qui a fait une présentation sur les violences faites aux femmes, insiste sur l’application effective des textes de lois en la matière, et ne pas invoquer de considérations de coutume, de tradition ou de religion pour se soustraire à l’obligation de l’éliminer.

Mamadou Aliou BM DIALLO

 

 

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