Iles Tristao- Une mission de consultation du projet de conservation de la mangrove dans les iles Tristao-Guinée a effectué, le jeudi 11 juin 2020, un contrôle technique des travaux de réhabilitation de la digue de protection du périmètre rizicole de Kanfal-Katchondon, dans le secteur de Katchek, district de Kadignet. Conduite par le Spécialiste en gestion des terres de mangrove, M. Daouda Camara accompagné du chef de projet, M. Aboubacar Soumah, la mission a travaillé en deux étapes.

Visites techniques de digue

La première étape a consisté à aller sur un périmètre, faire l’état des lieux faire sur la digue de ceinture qui le protège. Cette visite de terrain a permis au spécialiste de prodiguer aux exploitants du périmètre des conseils techniques visant à améliorer la structure de la digue de protection.

L’activité est réalisée dans le but d’éviter de nouveaux défrichements de la mangrove pour la riziculture à cause de l’envahissement des rizières par l’eau de mer.

Ainsi, à l’issu de ces conseils techniques que des exploitants rizicoles au nombre de trente (30 se sont mobilisés pour casser et construire une nouvelle digue de ceinture dont la longueur totale est de 3 733 mètres linéaires ce, pour protéger leurs périmètres rizicoles contre l’intrusion des eaux marines.

 

M. Daouda Camara, spécialiste en gestion des terres de mangrove

Le chef de mission, M. Daouda Camara expose ses remarques : « avec les premiers constats techniques, nous avons fait des mensurations et on a trouvé que les normes sont respectées. Et ce qu’il faut reconnaître, ce sont des paysans qui sont habitués au travail de mangrove. Ils ont mis leur propre expertise locale à profit pour que la digue soit conforme aux normes définies ».

Pour se mettre à l’abri des anciennes situations qu’on enregistrées les citoyens, les bénéficiaires du projet de restauration des rizières abandonnées ont pris l’engagement de procéder chaque année au rehaussement, pour que l’ouvrage construit soit durable. Aussi, l’appui du projet leur inspire confiance et ils promettent d’honorer leur engagement de se sédentariser et protéger la mangrove.

Le président du comité de gestion du périmètre et chef secteur Katchek, Youssouf Kéita déclare : « L’appui que le projet est en train de nous apporter est satisfaisant. Parce que certaines pratiques, notamment la coupe de palétuviers a entraîné la destruction des digues qui protègent les périmètres rizicoles. Aujourd’hui, l’intervention du projet nous permet de restaurer les digues et de reboiser les périmètres défrichés. C’est donc une joie car ça nous permet de progresser ».

Selon lui, au moment où la digue a été détruite, les exploitants ne tiraient bénéfice de ces périmètres comme  autrefois. « Si le projet vient nous encourager pour reconstruire cette digue, c’est une grande joie pour nous et nos arrières parents », évoque-t-il.

Le président du CGP, Youssouf Kéita

Par ailleurs, le consultant souligne la motivation et l’engagement des exploitants vis-à-vis du projet en ces termes. « Tout ce qu’on a fait comme observation lors de la première mission et les projections que nous avons faites dans le cadre de reprofilage des digues de ceinture, nous avons trouvé que les exploitants rizicoles de Kanfal Katchondon sont engagés à le faire, mais il faut noter qu’ils sont en retard par rapport au calendrier agricole ».

Qu’en-est-il de l’accord-cadre et du comité de gestion du périmètre ?

Après la visite technique sur le terrain, la mission de contrôle s’est retrouvée avec les exploitants pour présenter la proposition d’un accord-cadre, élaboré suite à la première mission. Ce document doit régir l’organisation des exploitants pour le fonctionnement et une bonne gestion/maintenance du périmètre.

Après lecture et explications, les exploitants ont amendé et adhéré librement au contenu de l’accord-cadre composé de 16 articles.

Les membres du bureau du comité de gestion de périmètre

Ensuite, il a été procédé par voie élective, à la mise en place d’un comité de gestion du périmètre (CGP comprenant 5 membres dont : un président, un secrétaire, un Trésorier, un chargé de la gestion/maintenance et un chargé de la mise en valeur agricole. Ce comité est élu pour un mandat de 2 ans renouvelables.

Ainsi, le consultant leur a expliqué les rôles et responsabilités de chaque membre du CGP.

« Ces gens répondent aux critères de l’accord-cadre qu’ils ont validés. Nous sommes très satisfaits du déroulement des travaux et de la mission qui nous a conduits à Katchek. Ce qui est assez remarquable, c’est que les exploitants du périmètre ont accepté de cotiser après la récolte à hauteur de 25 kg chacun, afin de constituer une caisse communautaire afin de soutenir les dépenses d’entretien des digues après le projet. La cotisation peut être en nature (25 kg) de riz ou en espèce correspondant à la valeur de cette quantité », a précisé M. Daouda Camara.

Le président du CGP, Youssouf Kéita estime déjà : « les bénéfices que nous espérons tirés de ce projet sont illimités. Parce que tout ce qu’on a demandé, le projet est en train de le réaliser. N’étant pas pêcheurs ni commerçants, mais à partir de la riziculture on parvenait à satisfaire nos besoins vitaux. Aujourd’hui, si on parvient à réhabiliter nos périmètres rizicoles, ça nous permettrait de retrouver notre situation d’avant ».

Le consultant affirme que c’est un signe encourageant pour le projet et un gage ‘’certain’’ prévoyant déjà que les objectifs sont en train d’être atteints dans le cadre de l’exploitation durable du périmètre de Kanfal-Katchondon.

Le coordinateur du projet, Aboubacar Soumah, lui aussi, dit être satisfait des travaux en cours de réalisation. Il relate : « Nous avons trouvé une population de Katchek engagée pour la réalisation des travaux de reprofilage de digue. C’est un acte salutaire pour la restauration des périmètres des rizières abandonnées sachant que cela permettra aux exploitants de se sédentariser sur les périmètres restaurés et éviter des nouvelles défriches ».

M. Soumah continue ces interventions et ajoute ceci : « Les activités que j’ai vues sur le terrain m’encouragent. Je vous invite à redoubler d’effort parce que, ce que nous faisons est un travail d’accompagnement. On est venu vous montrer le canevas à suivre pour mieux s’organiser dans vos activités rizicoles. La suite vous revient pour entretenir la dynamique sur la durabilité à travers les comités de gestion des périmètres que nous mettons en place».

Cette mission de consultation intervient dans le cadre de l’accompagnement des communautés à la protection des périmètres à travers « la formation et l’encadrement des groupements communautaires en restructuration des rizières abandonnées et réhabilitation des digues ». Ce, pour pallier les effets néfastes dus aux attaques illicites et incontrôlées des forêts de mangroves des îles Tristao.
Sa vision principale est d’ici à 2022 d’augmenter la superficie de mangrove de 1400 hectares en améliorant l’utilisation durable de celle-ci. Les activités consisteront à restaurer 400 ha et reboiser 200 ha, puis récupérer 800 ha à travers la promotion des meilleures pratiques et l’utilisation rationnelle et durable de l’espace.

Par Mamadou Aliou Diallo, depuis Tristao

mamadoualioubm.diallo@gmail.com

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