Dans le cadre du débat sur l’alimentation en Afrique de l’Ouest, WATHI a échangé avec Malam Dodo Abdou. Il est conseiller régional des programmes de sécurité alimentaire et moyens d’existences à Save the Children (Bureau régional Sahel). Dans cet entretien, il évoque les obstacles et les défis pour garantir la sécurité alimentaire dans les pays de l’Afrique de l’Ouest?

Malam Dodo Abdou

Quel est l’état de la sécurité alimentaire en Afrique de l’ouest?

Globalement, en Afrique de l’Ouest, nous constatons que les populations qui vivent dans les pays du Golf de Guinée (le Bénin ou le Togo) ont plus de potentialités pour garantir leur sécurité alimentaire par rapport aux populations qui vivent dans les pays du Sahel comme le Burkina, le Niger et le Mali.

Quels sont les obstacles et les défis à la sécurité alimentaire dans les pays de l’Afrique de l’Ouest?

Selon moi, les questions de sécurité alimentaire dans les pays de l’Afrique de l’Ouest sont étroitement liées aux questions d’accès à la terre, de pouvoir d’achats et du changement climatique.

Le premier obstacle est lié à l’accès à la terre. Nous avons constaté en Afrique de l’Ouest que la plupart des ménages n’ont pas assez de terres. Les ménages les plus pauvres sont ceux qui souffrent le plus d’insécurité alimentaire dans les pays de l’Afrique de l’Ouest, car souvent ces ménages ne disposant pas d’assez de moyens de production notamment de terres et des animaux, ont du mal à entreprendre des activités génératrices de revenus et deviennent souvent par conséquence des ménages à faible capacité économique.

À travers nos études, nous constatons que plus de 70 % des produits alimentaires consommés par les ménages les plus pauvres sont essentiellement des céréales (sorgho, mil et parfois maïs)

Le deuxième obstacle est étroitement lié au pouvoir d’achat des populations. Habituellement, en période post récolte presque tous les ménages ont un accès à une alimentation acceptable. Lorsqu’on tend vers la période de soudure (qui va de juin en août), les stocks alimentaires au niveau des ménages et au niveau des marchés deviennent très rares, car les prix des denrées de base augmentent énormément. À cause de leurs faibles revenus, les ménages très pauvres et pauvres ont du mal à acquérir les denrées alimentaires.

Le troisième obstacle est lié à la sécheresse. Beaucoup de pays de l’Afrique de l’Ouest, notamment les pays du Sahel sont souvent frappés par la Sécheresse. Quand le climat n’est pas favorable, la production agricole des pays en pâtit énormément.

J’aimerais aussi ajouter qu’aujourd’hui nous devons prendre en considération les questions de sécurité étatique pour pouvoir analyser la question alimentaire dans les pays de l’Afrique de l’Ouest. Dans plusieurs pays du Sahel, les questions d’insécurité étatiques sont aussi source d’insécurité alimentaire des populations.

Est-ce que selon vos constats, les populations des pays de l’Afrique de l’Ouest mangent à leur faim et consomment des produits de qualité?

Les études de base Household Economy Analysis (HEA) ou Analyse économique du ménage menées dans beaucoup de pays de l’Afrique de l’Ouest et du Sahel par Save the children et ses partenaires ont montré que les populations les plus pauvres n’ont pas une alimentation diversifiée. À travers nos études, nous constatons que plus de 70 % des produits alimentaires consommés par les ménages les plus pauvres sont essentiellement des céréales (sorgho, mil et parfois maïs).

Dans plusieurs pays du Sahel, les questions d’insécurité étatiques sont aussi source d’insécurité alimentaire des populations

Les produits de diversification par exemple comme le couscous, les pâtes alimentaires et d’autres tubercules sont rarement consommés par les ménages les plus pauvres. La consommation aussi d’huile et de viande n’est pas l’apanage des ménages les plus pauvres et pauvres. En terme de nutrition, nous notons la présence d’un très fort taux de malnutrition chez les enfants dans les pays du Sahel.

Globalement, je peux affirmer qu’en Afrique de l’Ouest les gens ne mangent pas tout le temps à leur fin et quand ils mangent, la diversification alimentaire n’est y pas tout le temps.

Source : WATHI

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