La première édition de la concertation de haut niveau pour une transhumance transfrontalière apaisée dans le Couloir Ouest de l’espace CEDEAO s’est tenue du 19 au 21 novembre à Dakar (Sénégal).Elle a réuni huit pays : la Guinée, le Liberia, le Sierra Leone, la Gambie, le Sénégal, le Mali, la Mauritanie et la Guinée Bissau. Ce cadre de concertation s’est déroulé en deux temps : la rencontre des experts du 19-20 et la session ministérielle, le 21 novembre.

L’espace de concertation est organisé par la CEDEAO, le CILSS et leurs partenaires comme le RBM (réseau billital maroobé). A l’ouverture des travaux, le Secrétaire permanent du RBM, Boureima DODO a souligné que cet espace d’échanges avait pour ambition de définir des idées et des actions opérationnelles pour une gestion apaisée des flux de transhumance du bétail le long du corridor Ouest.

RBM-CILSS

Entamé en 2015, cet espace entend traiter les problématiques du pastoralisme et de la transhumance transfrontalière sous l’angle de la coopération régionale et de l’interdépendance entre les zones sahéliennes et côtières. « …A travers ces actions, nous entendons construire un cadre qui sera utile, efficace et apte à favoriser la libre circulation des biens et des personnes, qui est leitmotive et le connecteur des acteurs de la sous-région », a indiqué M. Dodo.

Le ministre de l’élevage et des productions animales du Sénégal, Samba NDIOBENE KA a déclaré : « Dans une région confrontée au doublement de sa population tous les trente ans, et qui est en proie à l’avancée du désert, il est évident que nous ne pouvons perdre de vue l’acuité de la compétition pour d’accès au foncier, au pâturage et à l’eau ».

A cette problématique s’ajoute la dégradation des conditions sécuritaires dans le Sahel avec son corollaire, le déplacement massif de populations et du bétail vers des régions moins hospitalières. Pour lui, cette situation ne saurait perdurer au risque de plonger les populations dans la paupérisation qui fait le lit du terrorisme. Donc, « nous devons sortir de ce cercle vicieux ».

M. Ka fait remarquer qu’ « il est évident que la mobilité du bétail doit s’accommoder aux exigences de paix sociale et au respect des droits reconnus aux différents usagers de l’espace agro-sylvo pastoral ». Mais, il est impossible de parler de droits et de devoirs, sans l’existence d’un cadre réglementaire approprié.

Sujets en débats et conclusions

Durant les 72 heures, les participants ont échangé entre autres sur les initiatives régionales consacrées à l’élevage et au pastoralisme et la sécurité en Afrique de l’Ouest, le bilan de la campagne de transhumance 2018/2019 dans les pays côtiers, la situation actuelle de la campagne pastorale, etc.

La 1ere édition de la concertation de haut niveau sur la transhumance transfrontalière apaisée dans le Couloir Ouest a été bouclée par un communiqué final, ayant débouché à des recommandations.
Parmi les leçons tirées, les ministres ont noté avec satisfaction le déroulement de la campagne de transhumance 2018-2019 sans tensions entre les acteurs et les agriculteurs les éleveurs. Ils se sont dits préoccupés du déficit successif en biomasse et en ressources hydriques qu’enregistrent depuis cinq années consécutives certaines régions du Sénégal et la Mauritanie, etc.


A l’endroit de la CEDEAO, de l’UEMOA et du CILSS, la rencontre recommande d’accompagner les États dans leurs efforts de lutte contre les maladies animales transfrontalières, faciliter les concertations et dialogues bilatéraux entre les Etats et les acteurs du Couloir Ouest pour un meilleur encadrement de la transhumance transfrontalière et appuyer l’opérationnalisation d’un Observatoire sous régional de la transhumance transfrontalière.

Aux États, il a été recommandé des « réactiver et renforcer les accords bilatéraux de coopération, renforcer la surveillance épidémiologique des maladies animales transfrontalières en harmonisant les opérations périodiques de vaccination et développer des systèmes d’identification des animaux pour lutter contre l’expansion du phénomène de vol ».

La deuxième édition de la Concertation de haut niveau sur la transhumance transfrontalière apaisée dans le Couloir Ouest est projetée en octobre 2020.

Mamadou Aliou Diallo

 

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