L’ONG Réseau National de la Société Civile pour l’Environnement et le Développement Durable (RENASCEDD) a procédé lundi 18 janvier 2021 au lancement officiel des activités de la mise en place d’une pépinière de 50 000 plants dans la sous-préfecture de Kaback (Forécariah). L’objectif visé est de reboiser un site d’une dizaine d’hectare pour freiner les effets des changements climatiques. Cette année, RENASCEDD compte réaliser 150.000 plantes à travers le pays.

A Kaback, une cérémonie de démarrage des travaux a réuni les autorités sous-préfectorale, communale, des conservateurs de la nature et des communautés bénéficiaires.

Sur les activités de la première phase, le chef de projet de reboisement à Kaback de l’ONG explique les aspects techniques des pépinières. « Cette première phase consiste à la préparation du terreau et de tamiser la fiente de vache afin de rendre l’agrégat propice à la pépinière. Chaque planche d’un mètre sur six, peut contenir 1000 plants. Et notre objectif est de mettre 50 mille plants ici avant de procéder au reboisement de l’espace dédié ».

Concernant le reboisement de la surface, plusieurs espèces de plantes sont prévues. « Nous privilégions l’espèce locale recommandée par la communauté. Mais après étude, nous, nous sommes venus avec les espèces comme le Tec, l’oranger et le Mélina », a cité M. Camara.

Le Coordinateur de l’ONG RENASCEDD, Sékou Amadou Diakité a expliqué les raisons qui ont motivé le choix de Kaback et du site à réhabiliter. « Avant de réaliser ce projet, nous avons fait un diagnostic participatif communautaire (DPC) qui nous a permis de déceler trois choses à Kaback. D’abord, la localité est en train de disparaitre sous l’effet des changements climatiques.  Car l’eau de mer est en train submerger les côtes de Kaback. Cela est dû à la déforestation de la mangrove et de la partie continentale. C’est ce constat qui nous a permis d’initier ce projet qui est à sa deuxième année. Car la première année, on est intervenu dans la mangrove. Mais en 2021, nous allons restaurer la partie mangrove et soutenir la partie terrestre ».

Pour la pérennisation des acquis, M. Diakité souligne que la première mesure prise, consiste l’interdiction de la coupe de la mangrove. « Cette mesure a été accompagnée par nos actions de reboisements. Nos activités sont soutenues par les communautés et nous les réalisons avec elles. L’autre raison, vous voyez à Conakry, toutes les côtes sont remblayées, et à Kaback toutes les habitations sont en train d’être enveloppées par l’eau de mer », regrette le numéro un du RENASCEDD.

Daouda Camara pense que s’il n’y a pas d’alternatives pour remédier à cela, ce sera une véritable catastrophe. « C’est pourquoi nous sommes venus en aide aux communautés et aux autorités pour les sensibiliser sur les conséquences de la déforestation mais aussi les aider à reboiser certains espaces détruits », précise-t-il.

Le sous-préfet de Kaback salue l’intervention de l’acteur, à Kaback. Lansana Youla déclare : « Ce qui est mieux pour Kaback aujourd’hui, c’est le reboisement et c’est ce que nous sommes en train de faire avec l’ONG. [Nous sommes conscients] que ce sont les coupes du bois et la remontée des eaux qui sont la cause de la situation catastrophique dans laquelle vit Kaback ».

C’est pourquoi, ajoute-t-il, dès sa prise de fonction, il a pris des mesures contre les offenseurs de l’environnement. « Par rapport à la coupe abusive du bois, nous avons interdit cela. Quiconque coupe un bois va payer 500 000 francs guinéens. Cela est complètement interdit ici. Quand on reboise, c’est l’intérêt de la commune rurale et des communautés. Mais également, cela va empêcher la montée des eaux salées ».

De son côté, le chef de section, chargé des mesures riveraines de la réserve naturelle de Kounounkan pense que le fait de mettre un accent particulier sur le reboisement, est très important pour la vie humaine. « Parce que l’homme se nourrit de la végétation. S’il n’y a pas d’herbe, il n’y a pas de vie. Kaback est aujourd’hui envahit par les conséquences des grandes agglomérations comme Conakry et Coyah qui font des remblayages ayant des conséquences sur les activités agricoles de Kaback et des habitations ».

Tounkara Mohamed Fanta affirme : « Le reboisement ne suffit pas. Le suivi est plus important et il faut encourager les communautés à s’impliquer davantage. Car le projet c’est pour un temps, mais la communauté reste éternelle ».

Selon lui, les défis restent l’implication des toutes les parties prenantes : « l’Etat, les communautés, les agents forestiers et la société civile. […] Donc l’Etat a une grande responsabilité par rapport à la gestion de ces forêts. Nous faisons des lois, mais les textes d’application manquent. Et c’est à la responsabilité de l’Etat de faire ces textes et de les vulgariser dans toutes les langues nationales du pays. Cela permet aux gens de savoir, s’ils ont des problèmes, où et comment réclamer », conseille le conservateur de la nature.

A date, l’ONG RENASCEDD intervient à Boffa, Forécariah, Kindia, Mamou et Faranah.

Mamadou Aliou Diallo

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