La région Nord-Ouest de la Guinée enregistre des nombreux projets de développement de tout genre: portuaires, miniers, transports, etc. Ces projets ont des impacts sur l’environnement, la mangrove, et les écosystèmes.

Conscient du phénomène et de ses conséquences dramatiques, un projet intitulé ‘’PRISE’’ a été initié couvrant le littoral Ouest africain. Il est financé par la Fondation MAVA et exécuté en Guinée en deux volets par Guinée Ecologie sous la coordination régionale de Wetlands International Afrique de l’Ouest (Volet PRISE 1) et du PRCM (Volet PRISE 2).
Pour se faire, une stratégie a été mise en place par le conseiller technique principal de Guinée Ecologie. Selon Mamadou Saliou Diallo, « l’objectif stratégique de la veille et de l’alerte couvrant la zone de l’Aire Marine Protégée du Delta de Kapatchez est de prévenir la survenue d’impacts négatifs dans cette zone par la mise en place d’un système de surveillance permanente et de concertation régulière avec les opérateurs des projets d’infrastructures présents dans la zone et les acteurs institutionnels ».
Mamadou Saliou Diallo, conseiller technique principal de Guinée Ecologie en séance de formation
C’est également dans ce sens qu’un atelier de formation de veille et d’alerte de la société civile et des médias sur les impacts des infrastructures côtières a été organisé le 14 septembre 2020 à Conakry, au siège de Guinée Ecologie. Il a été question d’outiller les participants en vue de leur permettre d’assurer une surveillance continue et de rendre compte des observations de terrain.
Quid des menaces ?
Aujourd’hui, sur le littoral guinéen, plusieurs projets industriels s’y installent. Parmi ces projets figurent des « cimenteries, des complexes miniers, des centrales électriques », précise le consultant. D’après M. Diallo, ces différentes installations dites classées peuvent avoir divers impacts sur la qualité de l’environnement. Par ailleurs, tous les milieux peuvent être touchés : air, milieu marin, milieu terrestre et eaux douces. « Toutes ces installations sont censées être dotées de plan de gestion environnementale devant permettre de faire le suivi des impacts. La question est de savoir si ces plans sont effectifs et efficaces », s’est-il interrogé.
Mieux, « les activités industrielles tiennent également une place importante et croissante. L’exploitation minière apparaît comme l’un des secteurs d’importance primordiale pour le pays et sa croissance sera probablement exponentielle, au regard des potentiels considérables ; elle inclue les activités extractives et suppose également l’installation de nouvelles infrastructures portuaires pour l’évacuation de la production brute ou pré traitée. Ces infrastructures se doublent de routes, de voies ferrées, de ponts et de multiples nouvelles zones d’habitation pour les populations exogènes s’installant dans les nouveaux bassins d’emplois correspondants.
Environnement pollué à Boké
Environnement pollué à Boké
Les préfectures de Boké et Boffa sont particulièrement sujettes à cette exploitation minière qui est déjà en cours et qui va prendre de l’ampleur dans les années à venir avec comme corollaire l’augmentation des pressions environnementales sur les écosystèmes et leurs effets néfastes pour les habitats naturels et espèces de la biodiversité (faune sauvage et flore). Des pertes considérables pourraient se produire et s’inscrire dans la durée, parfois de manière irréversible pouvant atteindre des pertes nettes d’habitats ou d’espèces de la biodiversité, sans compter la dimension sociale et économique qui pourrait elle aussi avoir une dimension critique.
Ce sont toutes les conséquences des atteintes à l’environnement qui renforcent cette impérieuse nécessité de prévenir de l’urgence d’agir avant d’atteindre la gravité critique ou l’irréversibilité. D’où le principe de précaution qui recommande d’anticiper les risques pour éviter d’être surpris par le danger. Et c’est pourquoi un dispositif de veille constitue un maillon important de toute œuvre et de tout ouvrage d’infrastructure qui en résulterait. D’ailleurs en Guinée, il existe un cadre légal et réglementaire qui rend obligatoire de documenter et soumettre aux autorités compétentes les impacts négatifs éventuels de tout projet d’infrastructure, en prenant soin de déterminer un plan de gestion environnemental et social qui tient compte de la hiérarchie d’atténuation, à savoir éviter, à défaut atténuer sinon compenser jusqu’aux impacts résiduels », détaille un document transmis à Impact Afrique.
Les 3 cibles de veille et d’alerte
La tortue marine, la mangrove et les herbiers marins sont les principales cibles de la veille et de l’alerte dans la l’AMP du Delta de Kapatchez. Pourquoi ces 3 espèces, tel  sera l’objet de la discussion. Voir la vidéo !
De l’approche
Selon M. Diallo, l’approche stratégique envisagée consistera en une surveillance continue, permanente de l’environnement du Delta de Kapatchez pour en détecter dès les premiers signes des impacts négatifs susceptibles de se produire et d’en rendre compte aux instances de décision pour des mesures urgentes à prendre pour l’évitement, à défaut, pour l’atténuation et/ou la compensation.

 

Mamadou Aliou Diallo

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