Le lundi 6 avril 2020, la mission de consultation sur le projet de conservation et de restauration des rizières abandonnées sur les îles Tristao a sillonné les périmètres rizicoles de Katfoura. Cette localité est longée par une plaine centrale assez vaste, située en bordure de mer. La plaine subit à plein fouet l’agressivité de la marée dans sa partie ouest et au nord.

Selon les exploitants, dans le passé, ce domaine constituait le grainier de cette localité où plusieurs dizaines de riziculteurs travaillaient. Aujourd’hui, avec l’influence de l’eau de mer, la plaine est en train d’être écartée par les exploitants. Déjà, la superficie abandonnée peut être estimée à 40% du total.

Des casiers de rizières envahies par l’eau de mer dans la plaine centrale de Katfoura

« Si des dispositions ne sont pas prises d’urgence, cette plaine sera complètement envahie par l’eau de mer. Ceci conduira les exploitants à faire de nouvelles défriches pour trouver de nouveaux périmètres rizicoles. Cela reviendrait à un cercle vicieux qui conduira toujours à l’abandon des rizières à chaque fois que les exploitants se sentent menacés par les eaux. C’est pourquoi il convient absolument de stopper cette réalité qui pousse à la dévastation des forêts de mangrove d’année en année, qui est à l’origine de grands changements dans l’écosystème de mangrove », alerte le technicien Daouda Camara.

Les exploitants et le consultant en séance d’explication sur le comportement du chenal qui longe les périmètres rizicoles

La particularité de cette plaine est qu’elle recèle quatre périmètres contigus, aussi étendus les uns aux autres. Il s’agit du périmètre de Kawontching – Kantchanké avec une digue de ceinture longue de 623 mètres linéaires. Ce périmètre fait ouverture à la mer à partir d’un chenal longé par une digue en état de dégradation très avancée. Selon le consultant, la réhabilitation de cette digue permettra d’encourager les exploitants ayant cédé une importante superficie pour le reboisement derrière la digue de ceinture. Et l’endiguement doit de ce périmètre doit obéir à une technique spéciale avec une armature en bois pour accroître la résistance de la digue.

Vue d’une digue de ceinture en revêtement

Le périmètre de Kamtcholén – Katchaban dispose une digue de 1 806 mètres linéaires. Ce périmètre est rizicole par excellence. Mais il est en voie d’être abandonné à cause de l’intrusion de l’eau de mer. De nos jours, les exploitants le cultivent par ilot. C’est seulement les parties non inondées par l’eau de mer qui sont mises en valeur, mais la superficie abandonnée peut atteindre 60%.

Vue d’un espace rizicole déjà récolté

Le périmètre de Karäbö-Kamapan est aussi rizicole, situé aussi en front de mer. Le chenal qui borde le périmètre s’agrandit sans cesse et a causé la rupture de la digue de ceinture construite par les exploitants, longue de 1000 mètres linéaires. Pour des mesures de protection du périmètre, il a fallu déplacer la digue à environ 20 mètres du chenal. Cette mesure a été saluée par les exploitants.

Le Périmètre de Kamtocsso est également une plaine rizicole par excellence, située en front de mer, et bordé par une digue de 1700 mètres linéaires. L’influence de la marée est encore très marquée sur ce périmètre. Avec une forte agressivité. Toutefois, les exploitants continuent à construire des digues de fortune pour continuer l’exploitation à cause de sa productivité.

Pour chaque périmètre, un comité de suivi des travaux a été mis en place devant être l’auxiliaire des techniciens dans le cadre de l’exécution des travaux en tant que représentant de la communauté qui exploite ce domaine.

Des riziculteurs réhabilitant une partie d’une digue affaissée

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Après observations et analyses des réalités, M. Camara préconise : « dans le souci de renforcer la durabilité de cette digue d’une longueur totale de 5 100 mètres linéaires, il convient d’équiper cette digue de tuyaux PVC, en vue d’éviter l’ouverture des brèches pour évacuer l’excès d’eau pendant les mois d’août, septembre et octobre. Cette recommandation est valable pour tous les périmètres concernés par l’aménagement dans les îles Tristao. Avec cette disposition, les digues construites auront une longévité et les travaux d’entretien ne seront pas fastidieux ».

Mamadou Aliou Diallo, depuis les îles Tristato

mamadoualioubm.diallo@gmail.com

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