La mission s’est rendue sans les villages de Katasnom et Kayetch (district de Katfoura) le vendredi 3 avril 2020. Elle s’est entretenue avec les communautés paysannes autour du projet sur la restauration des rizières abandonnées, ses objectifs et attentes.

Réunion de concertation avec les communautés de Katasnom

D’abord, à Katasnom, 16 personnes dont 3 femmes ont assisté à la rencontre d’échanges. Les citoyens du village, à travers leur chef, ont remercié les investigateurs et affirment que c’est la première fois qu’une mission pareille leur rend visite. Raison pour laquelle tout le monde se réjouit de votre arrivée, déclare M. Moustapha Kéita.

Le doyen du village de Katasnom, Aly Banna Camara échange avec la mission de concertation et de sensibilisation des communautés pour la restauration des mangroves à Tristao

Agé de 95 ans, le doyen du village, Aly Banna Camara, se souvient encore de ce qui se passait à son époque.
« A notre temps, le travail était très intense et les activités n’étaient pas diversifiées. On pratiquait la pêche juste pour trouver la sauce et tout le monde passait la majeure partie de son temps aux travaux rizicoles. De nos jours, ces travaux se réduisent peu à peu pour faire place aux activités de pêche. Comme la pêche favorise un gain rapide surtout d’argent, actuellement, tout le monde, notamment les jeunes se sont tournés vers ça en abandonnant les rizières. Voilà ce qui a fait que l’eau de mer a gagné de la force pour envahir nos casiers qui sont finalement abandonnés, de nos jours. C’est dans cette situation que nous vivons aujourd’hui », a-t-il expliqué.

Après les débats, la mission accompagnée de quelques exploitants s’est rendue sur le périmètre rizicole de Kafaréou, dont la digue de protection a une longueur linéaire de 2078 mètres. Ce vaste périmètre rizicole est était exploité par une bonne partie de la population de Katasnom. De nos jours, le périmètre est abandonné à près de 70% de sa superficie à cause de l’intrusion de l’eau de mer.
Malgré tout, les exploitants continuent à faire de nouvelles défriches à mesure qu’ils abandonnent les anciennes surfaces cultivées.

Une vue de la rizière de Kafaréou envahie par l’eau de mer

La mission propose de réhabiliter la digue de ceinture. Cette mesure pourra encourager les exploitants à revenir sur les terres abandonnées et arrêter de facto le défrichage de nouvelles superficies.

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Auprès des exploitants en quête de ces nouvelles superficies, le consultant a insisté d’arrêter, afin d’éviter l’avancée de l’eau de mer dont les effets néfastes sont déjà très visibles sur l‘environnement.
« Nous avons constaté la régénération de la végétation marine autour de ce périmètre. Donc, il suffit de quelques mesures observées pour que le couvert végétal marin soit reconstitué en ce lieu. Ce qui pourrait être bénéfique sur le plan environnemental et sur le plan de la sécurisation des digues pour une exploitation durable de ce périmètre », fait observer M. Daouda Camara.

Le consultant Daouda CAMARA donne des directives aux exploitants à Kafaréou

Le consultant a largement argumenté cette situation. Mais il a été confronté à quelques réticences d’un certain nombre d’exploitants. C’est pourquoi il a exhorté les deux superviseurs à mettre les bouchées doubles dans la sensibilisation afin de convaincre les exploitants réticents en quête de nouvelles superficies.

« Le périmètre de Kafaréou est le prototype même de l’exploitation irrationnelle de la mangrove et de la dégradation incontrôlée de l’environnement à partir des activités que mènent les hommes en l’occurrence la mise en valeur des terres de mangrove en termes de riziculture », déplore le spécialiste.

Visite du périmètre de Kamtommantiidi

Vue d’une digue de ceinture avec une armature en bois

Situé à trois environs trois du village de Kayétch, ce périmètre montre des signes de fertilité. Dans cette localité, la motivation des jeunes et leur endurance ont été remarquées. Déjà, les premiers travaux de reprofilage de la digue de ceinture ont déjà démarré.
« Ici, les aspects environnementaux sont bien pris en compte par la communauté, avec des superficies mises en défend autour du périmètre par les exploitants eux-mêmes. Ce périmètre mérite d’être réhabilité. Ce qui pourra être un signe d’encouragement pour les exploitants qui s’y trouvent, à continuer les bonnes pratiques qu’ils font déjà », exhorte M. Camara.

Aussi, souligne-t-il, « en observant les réalités de cette localité, on peut affirmer sans se tromper que les exploitants de ce périmètre offrent un bel exemple dans le cadre de la conciliation et l’harmonie entre les l’exploitation des rizières de mangrove et la sécurisation des terres de mangrove ».
Au niveau de ce périmètre, la longueur totale de la digue est de 2032 mètres que la mission propose la réhabilitation.

Dans chaque village, un comité de suivi pour les activités de réhabilitation a été mis en place.

Mamadou Aliou Diallo, depuis les îles Tristato
Mamadoualioubm.diallo@gmail.com

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