Koungha est un secteur du district de Kasmak dans les îles Tristao. Cette localité dispose une rizière appelée Yensen Souri, dont la superficie est de 10,24 hectares avec une digue de ceinture longue de 1 950 mètres linéaires. Ce périmètre rizicole exploité jadis par 86 paysans, est abandonné depuis 4 ans à cause des difficultés d’aménagement et de l’intrusion des eaux marines.

Rizière de Yensen Souri

Cette activité est réalisée dans le but d’éviter de nouveaux défrichements de la mangrove pour la riziculture à cause de l’envahissement des rizières par l’eau de mer.

Le lundi 15 et mardi 16 juin 2020, une mission de consultation de l’ONG Guinée Ecologie s’est rendue sur place pour faire un diagnostic sur le périmètre rizicole afin de déchiffrer les problèmes de dysfonctionnement à la base de l’abandon de l’espace par les exploitants en vue de proposer des normes techniques et un calendrier pour la réhabilitation. La mission de consultation a été accompagnée par le coordinateur du projet, Aboubacar Soumah.
Avec les exploitants, la mission a travaillé en deux étapes : le premier jour, elle a opéré un contrôle technique de la digue (en cours de réhabilitation, ndlr) pour vérifier la conformité aux normes proposées ; et le deuxième jour, elle a procédé l’explication et à la validation d’un accord-cadre élaboré dans le cadre de l’organisation des exploitants pour le suivi, l’entretien des digues et la gestion/maintenance des périmètres en vue d’une exploitation durable, et enfin, la mise en place du comité de gestion du périmètre de Yensen Souri.
Particularité du périmètre
Daouda Camara consultant mangrove
Le périmètre de Yensen Souri a un trait caractéristique par rapport aux autres rizières vues par la mission. Ici, les exploitants ont pris des mesures environnementales en évitant le déboisement derrière la digue de ceinture, donc la zone est mise en défens. Le spécialiste en gestion des terres de mangrove, Daouda Camara déclare que c’est ce qui fait que les digues tiennent encore, malgré l’inexploitation des lieux depuis quatre ans.
« En observant la végétation sur le périmètre, c’est un signe indicateur de fertilité, surtout pour le riz. D’ailleurs, rapporte M. Camara, les exploitants ont affirmé, pendant les temps qu’ils travaillaient ici, ils faisaient de bonnes récoltes ».
Motivation du projet et du niveau des travaux
Sur ce périmètre, par endroits, on observe des failles au niveau de la digue de ceinture, causées par l’intrusion de l’eau de mer. Un prétexte qui, selon les exploitants, ne leur a pas permis d’avancer. Ils ont dû abandonner cette rizière pour se replier sur coteau. C’est aussi ce qui a motivé le projet à retenir ce périmètre pour le réhabiliter afin de faire revenir les exploitants sur la rizière et de les sédentariser.
Digue de ceinture du périmètre de Yensen Souri
« Aujourd’hui, fait remarquer le consultant, Daouda Camara, les travaux sont un peu en retard par rapport au calendrier. J’estime qu’ils sont à 1/5ème par rapport au travail qui reste à faire. Ce qui signifie que ce qui reste à faire est très énorme. Mais les exploitants nous ont confié que d’ici la fin du mois de juin, ils auront fini les travaux de reprofilage de la digue ».
Selon les bénéficiaires, le retard de reprofilage de la digue de Yensen Souri est causé par ‘’le mois de ramadan, le manque des ressources humaines et des moyens financiers’’.
Cette situation a laissé une « inquiété » à la mission, parce que le calendrier de reprofilage des digues et le calendrier agricole ne doivent pas se juxtaposer.
Dans les conditions normales, le périmètre doit être préparé ‘’totalement’’. Et c’est seulement après ça qu’il faut envisager la mise en valeur agricole.
Toutefois, la réhabilitation est acceptable jusqu’au 20 juin car les premières pépinières doivent être mises en place en juillet pour que le repiquage ait lieu en août.
Aboubacar Soumah Coordinateur du projet
Aboubacar Soumah, Coordinateur pays du projet reste optimiste. Il déclare : « les travaux sont en évolution, malgré le retard qu’on a constaté, nous estimons qu’avec la mise en place d’un comité de gestion du périmètre et les avances qu’on a faites, les travaux vont accélérer ».
M. Soumah pense qu’il y a un travail de suivi qu’il faut faire notamment, sur les itinéraires techniques. Il ajoute : « On a besoin d’accompagner la communauté pour augmenter les rendements et de se sédentariser sur le périmètre. La mise en place des pépinières, le temps des semis adaptés aux nouvelles innovations en la matière».
Comme dans les autres périmètres, il a été procédé à la mise en place d’un comité de gestion du périmètre (CGP). Ce comité élu par les exploitants, comprend 5 membres dont : un président, un secrétaire, un Trésorier, un chargé de la gestion/maintenance  et un chargé de la mise en valeur agricole. Ils sont élus pour un mandat de 2 ans renouvelables.
Oumar Kanté président du CGP
Le président du CGP, Saïkou Oumar Kanté a promis qu’il va mobiliser les exploitants du périmètre et d’autres forces ouvrières pour réhabiliter la digue dans le délai imparti. « Car, affirme-t-il, vous êtes venus (le Projet, ndlr) pour atténuer les difficultés qui nous assaillent sérieusement ».
Avant de prendre congé des paysans de Koungha, la mission a donné des « fermes instructions » au comité de gestion pour le respect de calendrier de réhabilitation de la digue pouvant aller jusqu’au 30 juin.

A propos du projet
Le projet de conservation de la mangrove dans les iles Tristao bénéficie d’un appui financier de la fondation DOB Ecology.
Lancé en 2019, il est conjointement mis en œuvre par le Partenariat Régional pour la Conservation de la zone Côtière et Marine en Afrique de l’Ouest (PRCM) et les ONG Guinée Ecologie – PREM en étroite collaboration avec l’office Guinéen des Parcs et Réserves (OGPR).
Sa vision principale en 2022 est d’augmenter de 1400 hectares de mangrove en améliorant l’utilisation durable de celle-ci. Les activités consisteront à restaurer 400 ha et reboiser 200 ha, soit 600 ha au total. Puis récupérer 800 ha à travers la promotion des meilleurs pratiques et l’utilisation rationnelle et durable de l’espace.
Par Mamadou Aliou Diallo, depuis Tristao
mamadoualioubm.diallo@gmail.com

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