Acting for life soutient l’adoption d’une année internationale des parcours et des pasteurs

Acting for life participe à l’adoption d’une année internationale des parcours et des pasteurs à l’initiative du gouvernement de Mongolie, et demande à l’ambassadrice représentante permanente de la France auprès des nations unies à Rome de soutenir cette résolution.

Madame l’ambassadrice,

En tant qu’ONG et réseaux français accompagnant les organisations pastorales à travers le monde depuis de nombreuses années, nous souhaitons exprimer notre soutien et notre engagement en faveur de l’année internationale des parcours et des pasteurs (international year of rangelands and pastoralists – iyrp), proposée par le gouvernement de Mongolie. Une résolution à propos de cette année internationale sera discutée début octobre, lors de la prochaine réunion du comité de l’agriculture (COAG) au sein duquel vous représentez la France.  C’est à ce titre que nous vous adressons ce courrier.

Le pastoralisme, moyen de subsistance

Le pastoralisme est le principal moyen de subsistance dans de nombreuses régions du monde, notamment les zones arides et montagneuses, où d’autres formes de pratiques agricoles sont impossibles. Il repose à ce titre sur un savoir faire spécifique ancré dans un capital social exceptionnel par lesquels les familles pastorales contribuent à la valorisation de très vastes espaces en contribuant à la gestion durable d’écosystèmes aléatoires et sensibles. Dans de tels territoires aux capacités agricoles limitées, le pastoralisme constitue le principal moteur de l’économie locale et régionale en assurant l’alimentation des familles, les revenus et emplois des communautés pastorales, mais aussi des espaces des zones agricoles parcourus par la transhumance, jusqu’aux centres urbains et les régions côtières et qui bénéficient du commerce régional et des produits issus des filières pastorales. Le pastoralisme constitue  également un des modes d’élevage d’herbivores le plus en phase avec les enjeux de préservation des écosystèmes, de séquestration du carbone, de préservation de la biodiversité et d’adaptation aux changements climatiques.

Mais mode de vie menacé

Néanmoins, malgré les nombreux bénéfices du pastoralisme, reconnus par plusieurs engagements politiques d’envergure dans la décennie écoulée, les familles pastorales font face à des défis importants qui menacent leurs modes de vie. Elles souffrent de marginalisation socio-culturelle, politique et environnementale, d’exclusion du dialogue politique, de conditions inéquitables pour l’accès au marché, de niveaux d’investissement trop faibles, ce qui se traduit par un accès limité aux services et aux infrastructures de base. Elles subissent les effets de politiques défavorables qui conduisent à  une insécurité foncière croissante, à de nombreuses entraves à la mobilité, à la remise en cause des alliances et des échanges économiques porteurs de lien social entre communautés. Dans certains espaces les sociétés pastorales sont aussi parmi les premières victimes des crises sécuritaires qui mettent à mal leur économie et leur identité.

Une année internationale pour valoriser les rôles essentiels des pasteurs et des écosystèmes pastoraux

Une année internationale permettrait de valoriser les rôles essentiels des pasteurs et des écosystèmes pastoraux et aiderait les organisations pastorales et leurs partenaires dans leurs démarches de dialogue avec les Etats du nord et du sud pour mettre en place des politiques publiques véritablement en phase avec ces réalités.

Nos organisations, engagées auprès des exploitations familiales pastorales en Europe et dans les pays du sud, participeront activement à la mise en œuvre de l’année internationale des parcours et des pasteurs. À travers un grand nombre de projets en Europe, en méditerranée, au sahel, en Afrique de l’ouest et de l’est, dans les Andes, en Mongolie, nous appuyons les organisations pastorales en les soutenant dans leurs initiatives de sécurisation du foncier pastoral, de gestion durable des ressources pastorales (pâturages, eau et chemins de transhumance), d’accès aux marchés, de dialogue sur les politiques de développement pastoral, de défense des droits et de la citoyenneté, de valorisation des filières pastorales, dans la mise en place de mécanismes d’information et de prévention et de gestion des crises pastorales. Ensemble, nous expérimentons des conduites d’élevage mixtes associant mobilité des troupeaux et accès à des formes adaptées de services sociaux de base (état civil, éducation, santé animale et humaine, etc.)

Lire suite ici

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Résoudre : *
28 × 23 =