Le samedi 13 juin 2020, une mission de consultation du projet de conservation de la mangrove des iles Tristao a effectué une visite technique à katfoura dans le cadre de la restauration des rizières abandonnées sur les périmètres de Karaabo- Kamapan & Kantocso-Kalontè. Ces périmètres contigus ont une digue de protection d’une longueur totale de 2 700 mètres linéaires, soit 1000 mètres linéaires pour la digue du périmètre de karaabo-Kamapan et 1700 mètres linéaires de digue au compte de Kantocso- Kalonté.

Rizière à Karaabo Kamapan
Katfoura est l’un des quatre districts des îles Tristao qui abrite le siège de l’aire marine protégée (AMP) des îles de Tristao. La population de ce village vit principalement de la riziculture mais aussi de la pêche et de la saliculture comme activités secondaires. La localité dispose une plaine centrale assez vaste, située en bordure de mer. Selon les exploitants, dans le passé, ce domaine constituait le grenier de Tristao où travaillaient plusieurs dizaines de riziculteurs. De nos jours, cette rizière subit l’agressivité l’avancée de la marée dans ses parties Nord-ouest provoquant l’abandon d’une superficie estimée aujourd’hui à 40%.
La mission de consultation est conduite par le spécialiste en gestion des terres de mangrove, Daouda Camara accompagné d’un journaliste de l’impactafrique.com. Elle avait pour objectif de faire un diagnostic sur les périmètres rizicoles pour comprendre les problèmes potentiels qui sont à la base de l’abandon des périmètres par les exploitants en vue de proposer des pistes de solutions techniques et un calendrier pour leur réhabilitation.

Aussi, l’activité est réalisée dans le but d’éviter de nouveaux défrichements de la mangrove pour la riziculture à cause de l’envahissement des rizières par l’eau de mer.

En collaboration avec les   exploitants, les consultants ont procédé d’abord à la vérification technique des digues réhabilitées conformément aux normes proposées, avant de mettre en place des comités de gestion de ces périmètres sur la base d’un accord-cadre élaboré validé par les exploitants pour une gestion durable des rizières abandonnées.
Le consultant Daouda Camara accompagné des exploitants du périmètre
A l’issue de ces contrôles techniques, le Consultant en gestion des terres de mangrove, M. Daouda Camara constate et déclare: « l’approche méthodologique que nous avons mise en place a réussi grâce à l’engagement et la mobilisation des exploitants rizicoles qui ont permis de  rehausser le niveau de la digue sur une longueur totale de 2 700 mètres linéaires. De nos jours, cette digue est complètement réhabilitée et fonctionnelle. Des tuyaux PVC ont été installés à la place des drains afin de permettre une gestion optimale de l’eau dans les casiers. Maintenant, le trop plein d’eau n’existe plus dans les périmètres. Ce qui veut dire que la campagne agricole s’annonce prometteuse».
Le consultant valide les travaux de réhabilitation et conclut: «qu’en termes de rendement, la moyenne à l’hectare constatée lors de la première récolte était entre 400 et 600 kg de riz. Cette fois-ci, nous sommes convaincus qu’il y aura une augmentation significative parce que l’intrusion des eaux marines sera beaucoup limitée ».
Après cette étape, les consultants ont procédé à la mise en place des comités de gestion des périmètres (CGP) et à la validation avec les exploitants de l’accord cadre visant à la gestion durable des rizières abandonnées tout ceci pour sédentariser les exploitants et réduire la pression sur les écosystèmes de mangrove.
Le président du CGP de Karaabo- Kamapan, Molim Alassane Kéita
Le président du CGP de Karaabo- Kamapan, Molim Alassane Kéita déclare que le projet a pris des bonnes initiatives vis-à-vis de leurs périmètres rizicoles. « Aujourd’hui, précise-t-il, ces initiatives sont en phase de réalisation et nous sommes fiers. Mon objectif est de protéger les périmètres à travers les différents organes qu’on a mis en place. Tout exploitant qui constatera des défectuosités sur la digue doit me remonter l’information afin que je puisse mobiliser le comité et faire une prise de décision consensuelle. Grâce à ces investissements, nous estimons que les rendements pourraient s’augmenter ».
Le chef de projet, Aboubacar Soumah qui a accompagné la mission sur le terrain ne reste pas en marge. Il se dit ‘’agréablement’’ surpris par la réalisation effectuée en peu de temps par les exploitants rizicoles des périmètres de Karaabo- Kamapan et de Kantocso-Kalontè.
Le chef de projet, Aboubacar Soumah
Il continue en disant : « C’est une aide que nous apportons aux communautés des îles de Tristao, mais nous avons trouvé une volonté manifeste de la population. La réalisation faite par la population en si peu de temps, et surtout pendant le mois de ramadan, nous prouve à suffisance l’adhésion de la population à ce projet de conservation de la mangrove. Je trouve que c’est un travail qui est très bien fait surtout que les digues ont de la hauteur, la terre est bien compactée, et ils ont fait le travail au bon moment ».
Par Mamadou Aliou Diallo, depuis Tristao
mamadoualioubm.diallo@gmail.com

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