L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que12,3 millions de personnes travaillent dans la pêche en Afrique, y compris plus de 7,5 millions d’hommes et 2,3 millions de femmes dans la pêche artisanale.

La FAO indique que le poisson représente en moyenne 22 % de l’apport en protéines en Afrique subsaharienne, dans certains pays, ce niveau dépasse 50 %. Ce qui signifie que le secteur contribue ‘’fortement’’ à la sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Au Sénégal, la gestion de la matière première [poisson], principalement les petits pélagiques restent une préoccupation chez les professionnels du secteur. C’est pourquoi, en 2015, l’Association pour la Promotion et la responsabilisation des Acteurs de la Pêche Artisanale à Mbour (APRAPAM) lors de son cinquième forum, discuté de la gestion et de l’avenir de cette ressource.

Le Président de l’APRAPAM a souligné que les petits pélagiques constituent le fondement pour la quasi-totalité des acteurs et professionnels de la pêche artisanale du pays et même d’autres acteurs de la sous région. Ce qui fait de cette ressource, selon Gaoussou Gueye, une denrée stratégique et un « filet de sécurité alimentaire et nutritionnelle» économique et social.

Quid des menaces sur les petits pélagiques ?

C’est pour cette raison qu’APRAPAM estime que dans la situation actuelle du secteur de la pêche au Sénégal, ce thème doit être revisité et le propose comme sujet central lors de son Cinquième forum et qui porte sur : « Enjeux de l’exploitation et de la valorisation des ressources pélagiques et de la place de celles-ci dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle: la parole aux professionnels ».

Déjà, plutôt, en 2021, l’APRAPAM a produit un mémorandum dans lequel, on relève que : « Il n’y a pas plus de poissons qu’au début des années 2000 quand le Sénégal décidait d’arrêter la pêche des bateaux européens et refusait toute activité étrangère sur les poissons pélagiques.  Il était injuste d’imposer à ces ressources la pression de pêche des énormes bateaux russes en 2011 et il est juste que les nouvelles autorités aient bloqué ces « autorisations » en 2012. 

Malgré cette alerte, la menace est encore présente et pressante et il est utile de préciser certains concepts et situations qui peuvent être sources de confusion, conseille l’APRAPAM. Cette déclaration a été appuyée lors du forum de 2014, au cours duquel, il est rappelé l’une des conclusions des travaux du Groupe de travail FAO-COPACE qui renseigne que : « pour les petits pélagiques, les données existantes, élaborées au niveau régional montrent la surexploitation de la sardinelle, Aucun accès ne doit être donné par le Sénégal pour ces ressources stratégiques pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle».

Le secrétaire général de l’UPAMES abordant les conséquences de la problématique liée à l’exploitation des petits pélagiques par le navire étranger a expliqué que : « Les pélagiques comme le chinchard, la sardinelle mais aussi la ceinture constitue la part la plus importante des produits pêchés par les navires étrangers et concurrencent donc directement les entreprises africaines qui s’approvisionnent à hauteur de 90% au niveau de la pêche artisanale ».

Préoccupations des acteurs

Suite à cette situation, Mme Tenning NDIAYE, transformatrice de Joal fonde sa préoccupation par rapport au sureffectif des pêcheurs et la surcapacité des équipements qui ciblent les petits pélagiques, principalement les sardinelles (rondes et plates). « Cette pression excessive sur ces ressources a engendré une surexploitation de ces espèces. Elle a conduit les pêcheurs, qui dans leur optique de rentabilisation, mais aussi par le fait d’une demande particulièrement importante de certains opérateurs étrangers à pratiquer des méthodes de pêches non responsable, notamment, la pêche de juvéniles qui contribuent inéluctablement à décimer l’espèce », note le rapport du cinquième forum.

Il s’y ajoute aussi, l’implantation d’usines de transformation de sardinelles (essentiellement en farine) au niveau des sites de débarquement de la pêche artisanale, accentuant la rareté de ces ressources qui constituent la principale matière première des femmes transformatrices.

Le chargé de la pêche et des affaires maritimes de la Mairie de Mbour (d’alors), Bayaty BABOU pense que « l’absence ou même la rareté de ces produits pélagiques créerait des déséquilibres dans l’activité économique de la commune et/ ou du département ». Et d’inviter «les autorités en charge de la pêche d’élaborer des politiques allant dans le sens de la préservation de cette ressource, et qu’à cet égard, « il serait souhaitable que les accords de pêche avec des partenaires étrangers n’incluent pas la pêche pélagique. »

Par ailleurs, Matar THIAMa formulé des recommandations sur la nécessité de réserver l’exploitation et la commercialisation des petits pélagiques aux nationaux, et invité les acteurs à travailler sur la chaine de valeur pour améliorer la qualité des produits offerts pour une meilleure valorisation in situ des petits pélagiques. De l’avis de M. THIAM, il s’agira de «développer une synergie le long de la chaine de valeurs entre la pêche artisanale africaine et les industries locales pour financer et moderniser la capture et la transformation de ces pélagiques. »

Il a également, invité les acteurs et professionnels de la pêche artisanale « d’œuvrer pour la sauvegarde de cette ressource, en pratiquant une pêche responsable, évitant toute utilisation d’engins interdits, tout gaspillage, notamment de débarquement de juvéniles, ce qui serait bénéfique et profitable à tous ».

Une synthèse de Aliou DIALLO

Responsable de Communication de la CAOPA

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